Rédiger son CV d’avocat7 min23 octobre 2026

Masters, mentions, DU : la rubrique formation d’un CV juridique

Dans le droit, la formation est lue plus longtemps qu’ailleurs. Jusqu’à quand détailler master, mention et mémoire, comment présenter un DU, un DJCE ou un LL.M., et où placer le CRFPA et le CAPA.

Par Équipe AvocatCV

Dans la plupart des secteurs, la formation passe en bas du CV après deux ou trois ans d’expérience, et on n’y regarde plus guère que l’intitulé du diplôme. Dans le droit, elle reste lue beaucoup plus longtemps. Un associé regarde encore le master, l’établissement et parfois la mention d’un collaborateur de cinquième année ; un directeur juridique jette un œil au parcours d’un candidat expérimenté pour comprendre son orientation.

Encore faut-il que cette rubrique soit lisible. Cet article donne les conventions d’ordre et d’intitulés, dit jusqu’à quand garder mentions, classements et mémoires, comment présenter un DU, un DJCE ou un LL.M., et où placer le CRFPA, l’école d’avocats et le CAPA.

Pourquoi la formation reste lue longtemps dans le droit

Trois raisons expliquent cette attention particulière.

Le diplôme conditionne l’accès aux professions. Avocat, notaire, magistrat : les professions réglementées exigent un master en droit et un parcours de formation précis. Le recruteur vérifie que le parcours est complet et cohérent.

Les recruteurs connaissent les formations. Les associés et les directeurs juridiques savent d’où sortent leurs collaborateurs. Ils reconnaissent un master de droit des affaires d’une faculté réputée, un DJCE, un magistère, un double diplôme avec une école de commerce, et ils en tirent des conclusions sur la formation reçue.

Le droit est une matière de spécialité. Un master en droit social, en droit fiscal ou en propriété intellectuelle dit beaucoup de l’orientation d’un candidat, même après plusieurs années de pratique.

Cela ne veut pas dire que la formation doit occuper la moitié de la page. Elle doit être précise et ramassée, et sa place évolue avec l’expérience.

Ordre, intitulés et établissements : les conventions

L’ordre antichronologique

Le diplôme le plus récent en premier, puis les précédents. Pour un avocat, cela donne généralement : école d’avocats et CAPA, puis master 2, puis éventuellement master 1 et licence. Un LL.M. ou un DU suivi après le master se place à sa date.

La place de la rubrique

  • Étudiant, élève-avocat, collaborateur jusqu’à deux ou trois ans : la formation en premier, avant les expériences.
  • Au-delà : les expériences peuvent passer devant, mais la formation reste en haut de la deuxième moitié de la page, rarement tout en bas. Beaucoup d’avocats expérimentés la gardent même en tête, réduite à deux ou trois lignes.

Les intitulés exacts

Écrivez l’intitulé officiel du diplôme, de la mention et du parcours, puis l’établissement. Les sigles internes d’une faculté ne disent rien à un lecteur extérieur.

  • Avant : « M2 DPA, Paris. »
  • Après : « Master 2 Droit des affaires, parcours droit des sociétés et fusions-acquisitions — Université [nom complet]. »

Pour les universités qui ont changé de nom ou fusionné, utilisez le nom en vigueur au moment de votre diplôme, éventuellement complété par le nom actuel entre parenthèses si la confusion est possible.

Les dates

Indiquez l’année universitaire ou le mois et l’année de début et de fin. Une période claire permet au recruteur de vérifier la continuité entre master, examen d’accès et école.

Mentions, classement et mémoire : quand les garder

La mention

Une mention bien ou très bien reste utile tant que la formation est lue, c’est-à-dire pendant les premières années de pratique dans les cabinets d’affaires. Une mention assez bien ou passable n’a pas besoin d’être écrite : son absence ne sera pas remarquée.

Le classement

Un rang dans la promotion (« major », « deuxième sur une promotion de master ») a de la valeur pour un stage et une première collaboration. Après quelques années, il peut disparaître.

Le mémoire

Le sujet du mémoire de master mérite une ligne s’il a un lien avec le poste visé. Un mémoire sur la clause de non-concurrence intéresse un cabinet de droit social ou de droit de la distribution ; un mémoire de droit de l’environnement intéresse peu un cabinet de fusions-acquisitions. Le mémoire publié, ou primé, se garde plus longtemps.

Les enseignements

Citez deux ou trois enseignements qui recoupent les missions du poste, pas toute la maquette. C’est surtout utile pour les profils juniors.

| Profil | Mention | Classement | Mémoire | Enseignements | |---|---|---|---|---| | Étudiant, stage de M1 ou M2 | oui si bonne | oui | oui | oui, deux ou trois | | Élève-avocat | oui si bonne | oui | si pertinent | une ligne | | Collaborateur, un à quatre ans | si très bonne | rarement | si pertinent | non | | Collaborateur senior | non | non | si publié | non |

DU, DJCE, LL.M. : les placer sans surcharger

Les formations complémentaires sont fréquentes dans le droit. Elles comptent, à condition d’être présentées sobrement.

Le diplôme d’université

Un DU suivi pendant ou après le master (droit de la copropriété, réparation du dommage corporel, droit du sport, médiation) se place dans la rubrique formation, à sa date, sur une ligne avec une précision utile. S’il a été suivi en formation continue pendant l’exercice, dites-le : c’est un signal d’investissement dans la pratique. Le CV pré-rempli d’avocat en dommage corporel en donne un exemple.

Le DJCE et les magistères

Le DJCE ou un magistère se présentent avec le master auquel ils sont adossés, sur une seule entrée : « Master 2 Droit des affaires et DJCE — Université [nom] ». Les certificats d’études spécialisées suivis dans le cadre du DJCE peuvent être cités en une ligne. L’article candidater au DJCE explique ce que recouvre cette formation.

Le LL.M.

Un LL.M. suivi à l’étranger se place à sa date, avec l’université et, si elle est pertinente, la spécialité. Il dit deux choses à la fois : une formation juridique complémentaire et un niveau de langue. Inutile de répéter cette information en détail dans la rubrique langues : « anglais (C2, LL.M.) » suffit.

Les doubles diplômes

Un double diplôme droit et école de commerce, ou droit et sciences politiques, se présente en une seule entrée si les deux cursus étaient intégrés, en deux entrées sinon.

CRFPA, école d’avocats et CAPA sur le CV

C’est le point sur lequel on voit le plus d’hésitations.

L’examen d’accès au CRFPA

Ce n’est pas un diplôme, mais un examen d’entrée. Il se mentionne surtout pour un étudiant qui vient de le réussir, dans la rubrique formation, sur une ligne : « Examen d’accès au CRFPA — admis, session [année] ». Une fois à l’école, la mention de l’école suffit.

L’école d’avocats

Indiquez le nom de l’école (EFB, HEDAC, IXAD, EDA, EDAGO et les autres) et la période. Pendant la formation, précisez « CAPA en cours » et la date prévue de l’examen. Le lieu du PPI et du stage final peut figurer dans la même ligne, ou dans les expériences s’ils sont développés. L’article l’école d’avocats en 18 mois décrit chacune de ces périodes.

Le CAPA

Une fois obtenu, le CAPA se mentionne dans la ligne de l’école : « EFB Paris — CAPA obtenu ». L’année de prestation de serment, elle, figure plutôt dans l’en-tête, avec le barreau : c’est la première information que cherche un associé.

Un exemple complet

Voici une rubrique formation d’élève-avocat, puis la même deux ans plus tard :

  • Élève-avocat : « École d’avocats [nom] — CAPA en cours (examen prévu en [mois et année]) ; PPI en direction juridique d’un groupe industriel » ; « Master 2 Droit des affaires — Université [nom], mention bien ; mémoire sur la rupture brutale des relations commerciales établies » ; « Examen d’accès au CRFPA — admis ».
  • Collaborateur de deuxième année : « École d’avocats [nom] — CAPA » ; « Master 2 Droit des affaires — Université [nom], mention bien ».

Le CV pré-rempli d’élève-avocat présente cette rubrique telle qu’elle se lit à la sortie de l’école, et l’article CV de première collaboration montre comment elle se resserre ensuite. Le choix du PPI et du stage final influence d’ailleurs ce que vous pourrez y écrire.

Pour une rubrique formation propre, avec des intitulés alignés et des dates lisibles, le générateur d’AvocatCV propose des blocs de formation qui suivent ces conventions ; le PDF qui en sort conserve la structure des rubriques, ce que les logiciels de tri lisent mieux qu’un tableau mis en forme à la main.

Questions fréquentes

Faut-il garder la licence sur un CV d’avocat ?

Pour un étudiant de master, oui, avec les établissements et une éventuelle année d’échange. Pour un collaborateur, la licence peut disparaître ou tenir dans la ligne du master.

Le baccalauréat a-t-il sa place sur un CV juridique ?

Non, sauf exception pour un premier stage de licence, et encore. Dès le master, il n’apporte plus d’information utile.

Comment présenter un master obtenu à l’étranger ?

Avec son intitulé d’origine, l’université, le pays, et si nécessaire une traduction ou une équivalence entre parenthèses. Si une équivalence a été reconnue pour l’accès à la profession, mentionnez-la.

Faut-il mentionner un échec à l’examen d’accès au CRFPA ?

Non. Le CV présente ce que vous avez obtenu. Si la question se pose en entretien, répondez simplement et parlez de ce que vous avez fait entre deux sessions.

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