Les résultats d’admission à l’examen d’accès au CRFPA tombent en fin d’année, et beaucoup d’admis découvrent alors qu’ils ne savent pas vraiment ce qui les attend. L’école d’avocats n’est ni une année de fac supplémentaire ni un simple stage : c’est une formation professionnelle de dix-huit mois, organisée en trois temps, qui se termine par le CAPA et, pour la plupart des élèves, par la recherche d’une première collaboration.
Que vous intégriez l’EFB à Paris ou l’une des écoles régionales, le schéma est le même. Cet article décrit chaque période, ce qu’on y apprend, le bon moment pour chercher sa collaboration et la façon de faire évoluer son CV à chaque étape.
Après le CRFPA : l’inscription à l’école
Les centres régionaux de formation professionnelle d’avocats (CRFPA), qu’on appelle couramment « écoles d’avocats », sont au nombre de onze. Le Conseil national des barreaux publie chaque année un guide de la formation initiale dans les écoles d’avocats 🔗 qui présente chacune d’elles, avec son calendrier et ses particularités.
Quelques repères pratiques :
- le choix de l’école ne dépend pas de l’université où vous avez passé l’examen d’accès ; les préinscriptions s’ouvrent après la publication des résultats d’admissibilité et se clôturent peu après les résultats d’admission ;
- la formation commence par une prestation de serment de l’élève-avocat devant la cour d’appel, qui vous soumet dès le premier jour au secret professionnel pour tout ce que vous découvrirez en stage ;
- des frais de scolarité sont demandés, avec des possibilités d’aide sur critères sociaux, détaillées par chaque école.
Le cadre réglementaire est rappelé par le CNB sur sa page conditions d’accès à la profession 🔗 : la formation initiale dure dix-huit mois et se conclut par l’examen du CAPA.
La période de formation : enseignements et ateliers
La première des trois périodes, dans l’ordre fixé par chaque école, est celle des fondamentaux : environ six mois d’enseignements pratiques.
Ce qu’on y apprend
Le programme est harmonisé au niveau national par le CNB et entièrement tourné vers la pratique. Il ne s’agit plus d’apprendre le droit, mais d’apprendre à l’exercer :
- la déontologie et le statut de l’avocat : secret, conflits d’intérêts, honoraires, relations avec les confrères et les juridictions ;
- la rédaction : consultations, actes de procédure, contrats, courriers aux clients et aux confrères ;
- l’oralité : plaidoirie, présentation d’un dossier, négociation ;
- la gestion d’un cabinet : comptabilité, facturation, organisation, outils numériques.
Les enseignements prennent la forme de cours, d’ateliers en petits groupes et de modules à distance. Ils font l’objet d’un contrôle continu : depuis la réforme du CAPA applicable à la session 2026, les épreuves de rédaction d’une consultation, d’un acte de procédure et d’un acte juridique sont évaluées au fil de la formation, et non plus lors d’une épreuve finale de cinq heures.
L’alternance
Le guide du CNB indique que la plupart des écoles proposent désormais de commencer par le PPI, puis une période d’environ douze mois en alternance entre les enseignements et le cabinet. Le CNB a également adopté le principe d’un contrat d’apprentissage pour les élèves-avocats, en complément de la convention de stage ; sa mise en place dépend de chaque école.
Le PPI : six mois de projet pédagogique individuel
Le PPI est la période la plus libre de la formation, et celle qui se prépare le plus en amont.
Selon le guide du CNB, le PPI est proposé par l’élève et agréé par l’école. Il consiste en un stage dans tout milieu cohérent avec le projet de l’élève, hors cabinet d’avocats en France : entreprise, organisation professionnelle, juridiction, administration, cabinet étranger. Il peut aussi prendre la forme d’une formation, comme un master 2 ou un diplôme d’université.
Trois usages fréquents :
- Découvrir le client : un PPI en direction juridique apprend ce qu’une entreprise attend de ses avocats, un atout pour les cabinets d’affaires.
- Voir le juge de l’autre côté : un PPI en juridiction, auprès d’un magistrat, forme à la procédure et à la rédaction des décisions.
- S’ouvrir à l’international : un PPI dans un cabinet ou une institution à l’étranger, ou un LL.M., renforce la langue de travail.
Le PPI se cherche tôt, souvent avant même le début de la formation, puisqu’il ouvre le cycle dans la plupart des écoles. Notre article choisir son stage PPI et son stage en cabinet détaille la stratégie à adopter selon le métier visé.
Le stage final en cabinet
La dernière période est un stage d’environ six mois dans un cabinet d’avocats, qui peut être effectué dans n’importe quel barreau français ou dans un barreau d’un autre État de l’Union européenne, quel que soit le ressort de l’école.
C’est la période décisive pour la suite. Le stage final sert à :
- pratiquer sous la responsabilité d’un avocat : rédaction d’actes, recherches, participation aux rendez-vous et aux audiences ;
- rédiger le rapport de stage, qui sera soutenu au CAPA ;
- se faire connaître d’un cabinet qui pourra proposer une collaboration à la sortie.
Le choix du cabinet de stage final doit donc correspondre à la pratique que vous voulez exercer. L’entretien qui y mène ressemble à un entretien de stage classique, avec des attentes un peu plus élevées sur l’autonomie : notre article sur l’entretien de stage en cabinet d’avocats recense les questions qui reviennent.
Préparer le CAPA et la recherche de collaboration
Le CAPA
Depuis la session 2026, l’examen final se réduit à deux épreuves orales, selon la présentation de la réforme par le CNB 🔗 :
- un exercice de plaidoirie d’environ vingt minutes, après deux heures de préparation, sur un dossier dans la matière choisie par le candidat ;
- une épreuve orale d’environ quarante minutes en deux temps : un sujet pratique de déontologie et de réglementation professionnelle, puis la soutenance des rapports de stage (stage en cabinet et PPI).
Le rapport de stage devient donc une pièce maîtresse : il se prépare pendant le stage, pas après.
La recherche de collaboration
Le bon moment pour chercher sa collaboration se situe pendant le stage final, voire avant pour les cabinets qui recrutent tôt. Deux voies principales :
- la proposition du cabinet de stage, qui reste la plus fréquente : le stage final est un long entretien ;
- les candidatures directes, sur les plateformes des ordres et des écoles, par les forums de recrutement et par réseau.
Un calendrier réaliste : premières candidatures trois à quatre mois avant la fin du stage, entretiens pendant les deux derniers mois, prise de fonction après la prestation de serment.
Faire évoluer son CV à chaque période
Votre CV ne doit pas rester figé pendant dix-huit mois. Il change de fonction à chaque étape.
Pour candidater au PPI, il reste un CV d’étudiant : master, mémoire, stages, langues. Ajoutez la mention « élève-avocat, école et promotion » en tête.
Pour candidater au stage final, il intègre le PPI, décrit par ce que vous y avez fait et non par le nom de la structure :
- Avant : « PPI en direction juridique. »
- Après : « PPI de six mois en direction juridique d’un groupe industriel : revue de contrats d’achat, préparation de dossiers transmis aux avocats extérieurs. »
Pour candidater à une collaboration, il bascule vers un CV de praticien : le stage final en premier, avec les actes rédigés et les audiences suivies, puis le PPI, puis la formation. L’accroche annonce la date de prestation de serment prévue et la pratique visée. Le CV pré-rempli d’élève-avocat correspond à cette étape, et le CV pré-rempli d’avocat collaborateur junior montre ce qu’il devient un an plus tard. L’article CV de première collaboration détaille le passage de l’un à l’autre.
Pour tenir ces trois versions à jour sans repartir de zéro, le générateur d’AvocatCV conserve la mise en page et vous laisse réordonner les rubriques en quelques clics ; le PDF qui en sort se lit correctement dans les outils de tri que certains cabinets utilisent pour leurs campagnes de recrutement.
Questions fréquentes
Peut-on travailler pendant l’école d’avocats ?
Le rythme des enseignements et des stages laisse peu de place à un emploi à côté. L’alternance et, à terme, le contrat d’apprentissage permettent en revanche d’être rémunéré par le cabinet d’accueil.
Le PPI peut-il se faire dans un cabinet d’avocats ?
Pas dans un cabinet d’avocats en France, selon le guide du CNB. Il peut en revanche se dérouler dans un cabinet étranger, une entreprise, une juridiction, une administration ou prendre la forme d’une formation.
Peut-on choisir son ordre des périodes ?
L’ordre est fixé par chaque école. La plupart commencent désormais par le PPI ; renseignez-vous sur le calendrier de l’école visée avant de vous préinscrire.
Que se passe-t-il après le CAPA ?
L’élève qui réussit demande son inscription au tableau de l’ordre du barreau de son choix et prête le serment d’avocat devant la cour d’appel. Il peut alors exercer, le plus souvent comme collaborateur libéral.