Exemples de CV8 min16 septembre 2026

CV d’avocat en propriété intellectuelle et droit du numérique

Titres, contentieux, contrats, données : les associés en PI/IT veulent comprendre votre dominante en quelques secondes. Structure, anonymisation des dossiers et exemples avant/après.

Par Équipe AvocatCV
CV complet sur une page
Le CV présenté est celui d’une avocate au barreau de Paris, serment 2024, qui affiche deux ans de propriété intellectuelle et de droit du numérique après un Master 2 au CEIPI de Strasbourg, un LL.M. à Queen Mary University of London et l’EFB. Elle s’appuie sur un cabinet de 20 avocats, aux pôles contentieux de la contrefaçon et IT et données, et sur un PPI dans une direction juridique d’éditeur de logiciels.

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La propriété intellectuelle et le droit du numérique forment un ensemble aux frontières mouvantes. Un même département peut traiter le lundi une opposition à l’enregistrement d’une marque, le mardi une saisie-contrefaçon, le mercredi la négociation d’un contrat de licence de logiciel et le jeudi la mise en conformité d’un service en ligne avec le règlement général sur la protection des données. Les associés qui recrutent dans ces matières cherchent donc à comprendre très vite votre dominante : propriété industrielle, propriété littéraire et artistique, contrats technologiques, données personnelles, régulation des plateformes. Un CV qui juxtapose toutes ces étiquettes sans hiérarchie ne les aide pas.

Voici comment construire un CV qui fait apparaître votre pratique réelle, en respectant le secret dû à des clients souvent soucieux de la confidentialité de leurs innovations.

Ce que regardent les associés en PI et IT

La répartition entre titres, contentieux et contrats

Les associés distinguent schématiquement trois pratiques :

  • l’acquisition et la gestion de titres : dépôts, recherches d’antériorités, oppositions et procédures administratives de nullité ou de déchéance de marques devant l’INPI (ouvertes depuis le 1er avril 2020 par l’ordonnance n° 2019-1169 du 13 novembre 2019), procédures devant l’EUIPO ;
  • le contentieux : contrefaçon de marques, de dessins et modèles, de droits d’auteur et de brevets, concurrence déloyale et parasitisme, saisies-contrefaçon, procédures devant le tribunal judiciaire de Paris, seul compétent en matière de brevets, et, depuis le 1er juin 2023, devant la Juridiction unifiée du brevet ;
  • le conseil et les contrats : cessions et licences, contrats d’intégration et d’infogérance, conditions générales de services en ligne, audits de portefeuilles dans les opérations d’acquisition.

Indiquez la part de chacune dans votre activité.

La régulation du numérique

Le droit du numérique s’est considérablement étoffé au niveau européen. Au-delà du RGPD (règlement (UE) 2016/679), les cabinets conseillent sur le règlement sur les services numériques (règlement (UE) 2022/2065), le règlement sur l’intelligence artificielle (règlement (UE) 2024/1689) ou la cybersécurité. Une expérience concrète sur ces textes, par exemple une cartographie des obligations d’une plateforme ou une analyse de la classification d’un système d’IA, est un signal fort. Restez factuel : un associé saura distinguer une veille d’une pratique.

La culture technique

Pour le contentieux des brevets et les contrats informatiques, une formation scientifique ou d’ingénieur est un atout reconnu. À défaut, les associés apprécient les indices de familiarité avec la technique : travail avec des experts judiciaires en informatique, compréhension d’une architecture logicielle, lecture de revendications.

L’anglais

Les dossiers de PI sont souvent internationaux : coordination de dépôts à l’étranger, contentieux parallèles dans plusieurs pays, contrats rédigés en anglais. Indiquez un niveau vérifiable et, si possible, une expérience de rédaction en anglais.

Structure recommandée

  1. En-tête : coordonnées, barreau, année de prestation de serment.
  2. Positionnement : « Avocat collaborateur — contentieux de la propriété intellectuelle » ou « Avocat — contrats technologiques et données personnelles ».
  3. Expérience : par poste, une ligne de contexte, puis des lignes regroupées par pratique (titres, contentieux, contrats, données).
  4. Formation : master 2 de propriété intellectuelle ou de droit du numérique, CRFPA, diplôme scientifique, LL.M.
  5. Compétences : langues, bases de données de marques et de brevets consultées, outils de recherche juridique.
  6. Publications et enseignement : fréquents dans ces matières, utiles s’ils sont récents.

Un modèle suit déjà cette organisation : ouvrir le CV d’avocat en propriété intellectuelle pré-rempli.

Décrire vos dossiers sans violer le secret professionnel

Des informations particulièrement sensibles

Le secret professionnel, prévu par l’article 66-5 de la loi du 31 décembre 1971 et précisé par l’article 2 du RIN, couvre le nom des clients et toutes les informations du dossier. En PI, la sensibilité est redoublée : un projet de dépôt révèle une stratégie produit, un audit de portefeuille laisse deviner une acquisition, un contentieux de contrefaçon engagé ou envisagé peut affecter la valeur d’une entreprise. Même un dépôt publié au registre ne doit pas être rattaché à votre intervention sur le CV.

La méthode

  • Désignez le secteur et la taille : « une maison de luxe », « un éditeur de logiciels B2B », « un laboratoire pharmaceutique ».
  • Qualifiez les droits en cause sans les identifier : « portefeuille de plusieurs centaines de marques », « brevet portant sur un dispositif médical ».
  • Indiquez la procédure et la juridiction : saisie-contrefaçon, action au fond, opposition, procédure devant la JUB.
  • Précisez votre rôle : stratégie, rédaction, coordination avec des conseils en propriété industrielle ou des correspondants étrangers.
  • Ne mentionnez aucun produit, aucune marque, aucun nom de code de projet, même interne.

Exemples de lignes avant / après

Marques

Avant :

Gestion du portefeuille de marques de la maison X.

Après :

Gestion de portefeuilles de marques pour des acteurs du luxe et de la cosmétique : stratégie de dépôt, oppositions et procédures de nullité devant l’INPI et l’EUIPO, coordination de correspondants dans une quinzaine de pays.

Contentieux de contrefaçon

Avant :

Saisie-contrefaçon contre le concurrent Y.

Après :

Contentieux de contrefaçon de dessins et modèles et de droits d’auteur : requêtes en saisie-contrefaçon, assistance aux opérations avec commissaire de justice, assignations au fond et conclusions devant le tribunal judiciaire de Paris.

Brevets

Avant :

Travail sur un dossier brevet.

Après :

Contentieux de brevets dans le secteur des dispositifs médicaux, en équipe avec des conseils en propriété industrielle : analyse de la contrefaçon et de la validité, préparation de mémoires, suivi d’une procédure devant la Juridiction unifiée du brevet.

Contrats technologiques

Avant :

Rédaction de contrats IT.

Après :

Négociation de contrats d’intégration, de licences SaaS et d’infogérance pour des entreprises de taille intermédiaire, côté client et côté prestataire ; rédaction de clauses de réversibilité, de niveaux de service et de responsabilité.

Données personnelles et régulation

Avant :

Mise en conformité RGPD.

Après :

Accompagnement d’une plateforme en ligne dans sa mise en conformité : registre des traitements, analyses d’impact, encadrement des transferts hors Union européenne, cartographie des obligations issues du règlement sur les services numériques.

Erreurs fréquentes

  • Tout revendiquer. « Marques, brevets, droit d’auteur, IT, RGPD, IA, cybersécurité, e-commerce » en une ligne donne l’impression d’une veille plutôt que d’une pratique. Hiérarchisez.
  • Se dire « spécialiste » sans certificat. L’article 10 du RIN réserve ce mot aux titulaires d’un certificat de spécialisation délivré par le CNB. Trois mentions concernent directement ces matières : « droit de la propriété intellectuelle », « droit du numérique et des communications » et « droit de la protection des données personnelles ». Notre article sur la mention de spécialisation CNB détaille les conditions, dont quatre années de pratique professionnelle.
  • Confondre avocat et conseil en propriété industrielle, deux professions réglementées distinctes. Si vous avez travaillé dans un cabinet de conseils en propriété industrielle, décrivez précisément vos fonctions.
  • Citer des marques ou produits reconnaissables, y compris dans les centres d’intérêt ou les publications.
  • Présenter une certification technique comme une qualification juridique, ou inversement.
  • Accumuler des noms d’outils sans lien avec votre pratique. Notre article sur les outils legal tech dans un CV d’avocat vous aide à sélectionner ceux qui comptent.

Adapter le CV selon le cabinet visé

Boutique de PI : valorisez la profondeur de votre pratique dans une filière (marques et luxe, brevets et sciences de la vie, droit d’auteur et médias), la plaidoirie et la relation avec des clients directs.

Département IP/IT d’un cabinet international : mettez en avant les dossiers transfrontaliers, les audits de portefeuilles en opérations d’acquisition et la rédaction en anglais. Notre guide sur le CV d’avocat en anglais vous aidera pour la version anglaise.

Cabinet orienté numérique et données : insistez sur les projets de conformité, les échanges avec la CNIL et la compréhension des produits numériques.

Si vous êtes collaborateur senior et participez au développement de la clientèle, vous pouvez le mentionner. La sollicitation personnalisée est permise depuis le décret n° 2014-1251 du 28 octobre 2014, par courrier postal ou électronique et à l’exclusion des SMS, dans le respect des principes essentiels de la profession : décrivez des actions (articles, formations, conférences) plutôt que des « clients apportés » nommément.

Conclusion

Un CV d’avocat en propriété intellectuelle et en droit du numérique doit hiérarchiser vos pratiques, prouver votre culture technique et décrire chaque dossier par les droits, la procédure et votre rôle, jamais par la marque ou le produit du client. Pour démarrer sur une base structurée, ouvrez le CV d’avocat en propriété intellectuelle pré-rempli et adaptez-le à votre parcours.

Le CV décortiqué, section par section

Chaque capture est extraite du CV présenté plus haut. Sous chacune : ce qui la rend efficace, et ce que vous devez y mettre de vous.

1. En-tête et accroche

Trois blocs de pratique et un LL.M. en une phrase

En-tête et accroche

L’accroche nomme les activités de la candidate et son diplôme international. Un cabinet de PI y lit d’emblée quel pôle elle peut rejoindre et avec quel niveau de formation.

Ce qui fonctionne

  • « contentieux de la contrefaçon, marques, contrats IT et RGPD » sépare les blocs de pratique, ce que les cabinets de PI recrutent généralement par équipes.
  • « Avocate au barreau de Paris (serment 2024) » fixe l’ancienneté, de deux ans, sans la gonfler.
  • « titulaire d’un LL.M. » est cité dans l’accroche, ce qui est un critère de tri dans les cabinets qui conseillent des groupes étrangers.

À adapter à votre parcours : Nommez vos blocs de pratique, dites lequel vous souhaitez développer et mentionnez votre diplôme international s’il vous distingue.

2. Formation

Trois diplômes lisibles, du CAPA au LL.M.

Formation

La candidate est jeune avocate : trois diplômes cohabitent, chacun sur une ligne. L’ensemble raconte un parcours centré sur la propriété intellectuelle, du Master 2 français au LL.M. britannique.

Ce qui fonctionne

  • « PPI en cabinet de propriété intellectuelle et technologies » relie l’école d’avocats à la pratique actuelle.
  • « Brevets, marques et designs européens, droit de la concurrence et innovation — Merit » précise le contenu du LL.M. et sa mention, utile pour un cabinet international.
  • « Droit d’auteur, droit des marques, contentieux de la PI, droit de l’informatique — mention bien » au CEIPI confirme l’ancrage français dans la matière.

À adapter à votre parcours : Gardez une ligne par diplôme, avec les seules matières utiles au poste, et placez en premier celui qui pèse le plus pour le cabinet visé.

3. Expériences

Saisies, marques et contrats IT en chiffres

Expériences

La collaboration est découpée selon les deux pôles du cabinet. Chaque puce donne une opération, une juridiction ou un office et un volume, ce qui permet de mesurer la pratique réelle de la candidate.

Ce qui fonctionne

  • « 8 saisies-contrefaçon (marques, modèles, logiciels) » devant « la 3e chambre du tribunal judiciaire de Paris » mesure la pratique du contentieux avec un chiffre et une juridiction.
  • « oppositions et actions en nullité devant l’INPI et l’EUIPO » pour « des clients du luxe et de la tech » nomme les offices et les secteurs sans identifier un client.
  • « accords de sous-traitance de données (art. 28 RGPD) » et « contrôle de la CNIL » ajoutent le volet données, cohérent avec l’intitulé « PI et IT ».

À adapter à votre parcours : Chiffrez vos saisies, oppositions et contrats, nommez les juridictions et offices, et gardez les clients anonymes.

4. Compétences et centres d’intérêt

Techniques, bases de marques, engagements et langues

Compétences et centres d’intérêt

Le bloc final sépare les techniques des outils, qualifie le niveau d’anglais par son contexte et ajoute un engagement associatif de praticiens, signe de réseau naissant.

Ce qui fonctionne

  • « bases INPI et EUIPO (eSearch plus, TMview), Darts-ip » citent les outils d’une pratique quotidienne du droit des marques et du contentieux.
  • « Anglais juridique (bilingue — LL.M. à Londres) » justifie le niveau par une formation précise, et « Allemand (courant) » élargit la clientèle accessible.
  • « conférences sur l’IA générative et le droit d’auteur » dans la commission jeunes d’une association de praticiens montre une veille sur un sujet d’actualité de la matière.

À adapter à votre parcours : Listez les bases que vous utilisez vraiment, rattachez chaque langue à un usage en dossier et ne gardez que les engagements dont vous pouvez parler en entretien.

Questions fréquentes

Un diplôme d’ingénieur est-il indispensable pour pratiquer le contentieux des brevets ?

Non, mais il est apprécié. Sans formation scientifique, montrez votre capacité à travailler avec des conseils en propriété industrielle et des experts, et à comprendre une invention dans un secteur donné.

Faut-il distinguer propriété intellectuelle et données personnelles sur le CV ?

Oui, si vous pratiquez les deux. Organisez votre expérience par pôles et indiquez la part de chacun. Les cabinets recrutent souvent pour une équipe précise.

Comment mentionner une expérience en direction juridique d’une entreprise technologique ?

Décrivez les contrats négociés, les projets de conformité conduits et la gestion des conseils externes. Précisez le type d’entreprise et son secteur plutôt que ses produits, si ceux-ci permettent d’identifier des projets confidentiels.

Les publications sur l’intelligence artificielle ont-elles leur place sur le CV ?

Oui, si elles sont récentes et publiées dans une revue ou un média juridique identifiable. Indiquez le titre, la revue et l’année ; limitez-vous aux plus pertinentes.

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